Actualités · Jurisprudence
En mai et juin 2026, deux juridictions ont annulé des décisions du CNAPS. Ce que ça change pour les acheteurs de prestations de sécurité.
Dans la première affaire, le CNAPS avait refusé de renouveler la carte d’un agent sur la foi d’antécédents judiciaires qui n’étaient plus consultables. Dans la seconde, il avait retiré une carte en reprenant un rapport d’enquête sans l’analyser lui-même. Les juges ont annulé les deux décisions. Pour l’entreprise qui achète une prestation de sécurité, la leçon est pratique : la situation administrative d’un agent affecté à son site peut changer en cours de contrat, dans un sens comme dans l’autre.
Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) délivre et retire les cartes professionnelles qui autorisent les agents à exercer en France. Deux décisions rendues à quelques semaines d’écart montrent que cette autorité n’est pas infaillible dans la conduite de ses procédures.
Le 27 mai 2026, la cour administrative d’appel de Paris a annulé un refus de renouvellement de carte professionnelle (n° 25PA00017). Le CNAPS avait fondé sa décision sur des informations issues du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), sans vérifier, au moment de statuer, si ces données restaient consultables dans le cadre d’une enquête administrative. Le procureur de la République avait, entre-temps, apposé une mention rendant ces informations inaccessibles. La cour a estimé que ce manquement procédural suffisait à vicier l’ensemble de la décision.
Le 5 juin 2026, le tribunal administratif de Paris a annulé un retrait de carte professionnelle portant sur des faits anciens et de portée limitée (n° 2425349). Le directeur du CNAPS avait repris sans analyse propre les conclusions d’un rapport de la section nationale des enquêtes administratives de sécurité (SNEAS), sans apprécier de façon circonstanciée les éléments retenus. Les juges ont conclu à une erreur d’appréciation.
Dans les deux cas, ce n’est pas la légitimité du contrôle administratif qui est remise en cause, mais la rigueur de son exécution.

Ces affaires rappellent que la carte CNAPS n’est pas un document figé. Elle peut faire l’objet d’un refus, d’un retrait, d’un recours contentieux, puis d’une annulation judiciaire. Le délai entre la décision initiale du CNAPS et l’issue d’un recours peut représenter plusieurs mois, voire plus d’un an.
Pour un prestataire de sécurité, cela signifie qu’un agent peut être placé temporairement hors de la capacité à exercer, puis autorisé à reprendre à la suite d’une annulation. La situation administrative d’un intervenant n’est donc pas toujours définitive, même après une décision formelle du CNAPS.
Pour le donneur d’ordre, l’enjeu est la continuité opérationnelle. Un poste sur lequel est affecté un agent dont le dossier fait l’objet d’un contentieux peut se retrouver sans couverture légale si la carte est suspendue ou retirée en cours de contrat, avant que l’issue judiciaire soit connue.
Ces décisions ne créent pas d’obligation directe pour les donneurs d’ordre, mais elles justifient des réflexes concrets dans la gestion d’un contrat de sécurité.
Demander la liste actualisée des cartes CNAPS affectées au site. Il est possible de demander à son prestataire cette liste avec les dates d’expiration de chaque carte. Cette démarche se limite à contrôler que chaque agent dispose d’une autorisation en cours de validité : elle n’implique aucun accès aux antécédents personnels des agents.
Examiner la clause de substitution dans le contrat. En cas d’indisponibilité soudaine d’un agent, quelle qu’en soit la cause, le prestataire doit proposer un remplacement dans un délai acceptable. Ce point est souvent rédigé de façon vague dans les contrats standard. Préciser le délai maximal de remplacement et le niveau de qualification attendu du remplaçant permet d’éviter les discussions en situation d’urgence.
Prévoir une clause de notification. Une clause simple peut imposer au prestataire de signaler sans délai tout retrait ou suspension de carte concernant un agent affecté au site. Cette transparence permet au donneur d’ordre d’anticiper une réorganisation plutôt que de la constater après coup, lors d’un contrôle ou d’un incident.
Ces questions se posent notamment dans les prestations de gardiennage et surveillance, où la stabilité des équipes affectées à un site est un critère de qualité à part entière. La conformité réglementaire des intervenants est l’une des premières vérifications à effectuer lors de la sélection d’un prestataire.
Ces arrêts ne doivent pas conduire à remettre en cause le principe du contrôle CNAPS, qui reste le socle de confiance du secteur. Ils invitent en revanche à ne pas traiter la carte professionnelle comme un document acquis une fois pour toutes.
Lors de la sélection d’un prestataire, demander à voir les cartes en cours de validité de l’équipe pressenti est une démarche normale, que les prestataires sérieux accueillent sans difficulté. Pendant l’exécution du contrat, un suivi régulier des dates d’expiration et une clause de notification sur les changements de situation administrative des agents permettent de conserver une visibilité sur la conformité réelle du service reçu.
Ces deux décisions de 2026 rappellent, si besoin en était, que la chaîne d’autorisation peut comporter des aléas. Pour un donneur d’ordre, la meilleure réponse à cet aléa est un contrat bien rédigé et un suivi actif de la conformité de son prestataire.
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Deux décisions annulent des refus du CNAPS pour des motifs de procédure. Pour l’entreprise qui achète une prestation, la leçon est pratique : la situation administrative d’un agent affecté à son site peut changer en cours de contrat, dans un sens comme dans l’autre.
Cette page rend compte d’une information publique. Elle ne constitue pas un conseil juridique : pour l’application à votre situation, référez-vous au texte cité ou à votre conseil.
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